Interview DJCE Alumni #2 – Madame Corinne D’Agrain

Maxime Droulez, responsable du pôle Alumni, est allé à la rencontre de Madame Corinne d’Agrain, présidente du directoire de IRDI – SORIDEC Gestion pour l’interview alumni. Elle faisait partie de la promotion 1990, à savoir la première promotion du DJCE Toulouse.

Interview alumni

Quelques mots sur votre parcours ?

Etudiante à l’Université Toulouse 1 Capitole, j’ai intégré la première promotion du DJCE de Toulouse après une maîtrise de droit des affaires. J’ai ensuite intégré une école de commerce et après cette école je suis rentrée dans l’audit comptable et financier.  Pendant cette période de deux ans en audit, j’ai passé l’examen du barreau de Paris, ce qui m’a permis d’exercer la profession d’avocat pendant cinq ans. Il m’a alors été proposé le poste de secrétaire général d’un acteur exerçant dans le domaine du capital-risque à Paris. J’ai ensuite voulu revenir à Toulouse, c’est ainsi que j’ai créé le bureau d’une structure de capital investissement parisienne  ici.

Concernant la structure pour laquelle vous travaillez aujourd’hui, à savoir IRDI – SORIDEC gestion, pouvez-vous nous en parler ?

IRDI – SORIDEC Gestion est une société de gestion agréée par l’autorité des marchés financiers qui intervient dans le domaine du capital investissement.

Ce nom est tout récent, anciennement IRDI gestion, elle s’appelle désormais IRDI – SORIDEC Gestion à la suite d’une fusion intervenue en décembre pour tenir compte notamment du contexte de la réforme territoriale des régions. IRDI – SORIDEC Gestion est une société de gestion agréée par l’autorité des marchés financiers qui intervient dans le domaine du capital investissement depuis l’amorçage jusqu’à la transmission et avec un focus géographique qui comprend l’Occitanie dans son ensemble et une partie de la nouvelle Aquitaine et un focus sur l’innovation.

Quel est votre poste au sein d’IRDI – SORIDEC Gestion ?

Nous gérons des fonds et des structures d’investissement.

Je travaille au sein d’IRDI depuis bientôt 2 ans, je fais un métier passionnant.

Nous gérons des fonds et des structures d’investissement dont, l’IRDI, qui a sa propre gouvernance, SORIDEC qui est basé à Montpellier et d’autres fonds d’amorçage IRDINOV, de capital–risque basé à Montpellier et un fonds de capital proximité : Midi-Pyrénées Croissance. L’objectif est d’intervenir au capital de PME PMI ETI pour renforcer leurs fonds propres et financer leur développement ainsi que les sociétés innovantes. C’est un organisme spécifiquement régional.  En termes de chiffres, nous représentons 200 millions sous-gestion et 1200 sociétés accompagnées depuis la création et 500 millions d’euros investis.

Parlez-moi de votre équipe.

Nous sommes une équipe de 19 personnes. Dans les sociétés de notre type, on distingue traditionnellement le front, le middle et le back office. En front, on distingue ceux qui sont spécialisés innovation, ce sont souvent des profils à double formation école d’ingénieur et finance. Il y a 7 personnes en capital développement, 5 en innovation, 1 personne en middle office, 3 personnes en back office et 3 personnes au directoire.

Quel est le dernier projet que vous avez mené avec vos équipes ?

(…) La préparation et l’organisation de la fusion entre IRDI et SORIDEC.

En l’occurrence, pour vous donner un exemple récent, cela a été la préparation et l’organisation de la fusion entre IRDI et SORIDEC. Cela fut l’une des premières étapes qui m’avait été demandée, cela a été un grand projet, un travail de longue haleine car il y avait de nombreux sujets sur la table.  Comme nous travaillons dans un domaine très règlementé, il faut avancer avec l’aval de l’autorité des marchés financiers, il faut toujours du temps pour obtenir toutes les autorisations. Nous avons dû notamment recourir à un cabinet d’avocats extérieur spécialisé en fusion pour ces sujets.

Quels sont les enjeux et les risques de votre activité ?

L’un des enjeux, c’est la taille critique, c’est-à-dire qu’il faut lever des fonds, grandir, pour devenir de plus en plus professionnel et tout en gardant cette proximité par rapport aux entreprises que nous accompagnons.  Sur un plan contrôle interne, nous procédons à une cartographie de nos risques.

Quelle partie de votre métier vous passionne ?

C’est la rencontre avec les chefs d’entreprises et les projets entrepreneuriaux.

Ce qui me plaît c’est la rencontre avec les chefs d’entreprises et les projets entrepreneuriaux. Nous sommes amenés à rencontrer de belles aventures entrepreneuriales, des jeunes entreprises très innovantes qui par exemple vont permettre demain de réindustrialiser notre territoire, ce sont des rencontres et des sujets absolument passionnants. Des chefs d’entreprises dynamiques et qui essaient de constituer des ETI, des entreprises de taille intermédiaire en grandissant de manière organique ou en croissance externe. Dans ce métier nous rencontrons des destins fabuleux.

IRDI est un acteur du capital investissement que l’on appelle patient, c’est-à-dire que nous intervenons sur fonds propres donc nous n’avons pas de contrainte de sortie en tant que telle par rapport au FPCI traditionnel, mais néanmoins nous prévoyons toujours des clauses de rendez-vous puisqu’il faut  organiser une rotation des capitaux investis et en général on oscille entre 5 et 7 ans, parfois beaucoup plus. Nous sommes par exemple actionnaire d’une société très célèbre de la région IGE XAO dans laquelle nous sommes intervenus en 1998. C’est un groupe présidé par le nouveau président de la Chambre de commerce Occitanie, et nous sommes très fiers d’être son partenaire financier.

Quelles sont les projections que vous pouvez apporter sur votre métier pour les prochaines années ?

Je pense qu’il y aura de plus en plus de développements autour de la compréhension de la création de valeur. Cette notion va de plus en plus ne pas être que financière au niveau des équipes par rapport aux sociétés accompagnées, cela veut dire être capable d’être meilleur dans l’accompagnement des entreprises, bien comprendre leurs problématiques. Accompagner les chefs d’entreprises à trouver de la solidité et des perspectives de développement pour leurs activités, intégrant idéalement un axe innovation.

Le second point essentiel est une évolution du contexte RSE. Dans les fonds d’investissements, la RSE est une thématique qui est de plus en plus abordée, et en l’occurrence pour l’IRDI qui a un ADN très particulier dans le monde du capital investissement, les sujets de maintien de l’emploi et de création de  l’emploi sont des sujets cruciaux et en fonction des différentes filières que nous adressons, être capable de mesurer les aspects extra financiers de nos interventions est très important.

Y a-t-’il eu des changements dans votre métier en termes de raisonnement, de fonctionnement?

C’est un métier qui s’est considérablement professionnalisé avec le temps.

Oui, il y a un changement de paradigme dans ce métier, quand je suis arrivée au tout début, il y avait peu d’argent disponible en private equity, et beaucoup d’entreprises intéressées, notamment dans le secteur de l’innovation. C’est également un métier qui s’est considérablement professionnalisé avec le temps, notamment avec les différentes crises suivies de période d’accélération importante. Il y a eu l’émergence de nombreuses équipes très professionnelles et de plus en plus la recherche d’une création de valeur à mesurer comme je l’évoquais tout à l’heure qui sera fonction d’une stratégie, d’un positionnement d’une équipe, de compétences qui vont être recrutées par rapport à un cahier des charges.

Quelle est votre vision du droit ?

Ce qui est important dans le droit, c’est une matière extrêmement générale qui permet de s’adresser à des environnements assez large, j’en suis une preuve ! Je pense qu’il ne faut pas avoir peur de s’ouvrir des horizons ailleurs. C’est important à l’issue d’une première formation de ce type qui est en occurrence utile tous les jours, je le vérifie encore aujourd’hui dans mon métier, de la compléter.
Pour des étudiants en droit, un complément avec une formation en finance est une bonne idée. La notion de double diplôme va être de plus en plus recommandée. Ces deux domaines interagissent énormément : le DJCE est réputé pour le droit des affaires et il est crucial de savoir lire un bilan.

Quels souvenirs gardez-vous du DJCE ?

Un très bon souvenir, nous étions une bonne promotion, on était satisfait de l’enseignement et des intervenants. Nous avons d’ailleurs gardé de nombreux liens. Et nous avons été la toute première promotion du DJCE Toulouse.

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